Après plus de 2 ans de tensions, Port-au-Prince et Saint-Domingue amorcent un rapprochement. Réunies le 17 avril 2026 à CODEVI, les autorités des deux pays ont convenu de relancer le dialogue bilatéral et d’envisager la réouverture de l’espace aérien dès le 1er mai.
Selon le communiqué, la délégation haïtienne était conduite par la ministre des Affaires étrangères et des Cultes, Raina Forbin, accompagnée notamment de l’ambassadeur d’Haïti en République dominicaine, Emmanuel Fritz Longchamp, de la directrice de cabinet Winnie Hugot Gabriel, ainsi que de plusieurs hauts cadres du ministère. En face, la délégation dominicaine était dirigée par le ministre des Affaires étrangères Roberto Álvarez, entouré du vice-ministre chargé de la politique étrangère multilatérale Rubén Silié, du vice-ministre de la politique étrangère bilatérale Francisco Caraballo, de l’ambassadeur dominicain en Haïti Faruk Miguel, ainsi que de plusieurs responsables techniques et stratégiques, dont Emil Chireno, Boni Guerrero et Jatzel Román.
Cette rencontre s’inscrit dans la continuité de la déclaration conjointe signée en 2021 à Elías Piña par les présidents Jovenel Moïse et Luis Abinader. Ce cadre de référence demeure aujourd’hui un pilier des relations bilatérales, en fixant les grandes orientations du dialogue entre Haïti et la République dominicaine, dans une logique de coopération, de respect mutuel et de gestion concertée des enjeux communs.
Au cœur des échanges, la question de la reprise des liaisons aériennes a occupé une place centrale. Suspendus depuis plus de 27 mois en raison de différends diplomatiques, les vols entre les deux pays pourraient reprendre à partir du 1er mai 2026. Selon la déclaration conjointe, cette mesure vise à faciliter la circulation des personnes, dynamiser les échanges économiques et renforcer les liens entre les deux nations partageant l’île.
Les discussions ont également abordé des dossiers sensibles tels que la sécurité à la frontière, les flux migratoires et la coopération commerciale. Qualifiées de franches et constructives, elles traduisent la volonté des deux parties de privilégier le dialogue comme levier principal pour gérer les enjeux communs, tout en réaffirmant leur engagement en faveur d’un climat de respect mutuel et de bon voisinage.
Par Arnold Junior Pierre
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