PubGazetteHaiti202005

Absent à sa convocation, Jean-Charles Moïse sollicite un report au 20 août

 Jean-Charles Moïse

Convoqué le jeudi 16 juillet 2026, par le commissaire du gouvernement près le tribunal de première instance de Port-au-Prince, Jean Fritz Patterson Dorval, le leader du parti politique « Pitit Dessalines » Jean-Charles Moïse, ne s’est pas présenté devant le parquet. 

Il  était représenté par son avocat, Me Bénissoit Detournel, qui a contesté la légalité de cette convocation. Selon lui, la lettre adressée à son client ne précise aucun fait reproché. Le commissaire du gouvernement y mentionne uniquement avoir pris connaissance de déclarations diffusées sur les réseaux sociaux qui seraient susceptibles de porter atteinte à l’ordre social et à la paix publique.

Estimant que cette convocation est dépourvue de base légale, Me Detournel a informé que son client  a déposé une requête sollicitant le report de l’audition. Jean-Charles Moïse a demandé que cette audition soit renvoyée au 20 août 2026, expliquant qu’il se trouve actuellement en voyage afin de participer à  des rencontres politiques dont une conférence en Amérique latine.

Son avocat a assuré que l’ancien sénateur se présentera à cette date pour répondre aux questions du magistrat, conformément aux dispositions de la loi.

Me Detournel a également accusé le commissaire du gouvernement d’avoir agi « non comme un magistrat indépendant, mais comme un agent du pouvoir exécutif ». Selon lui, cette procédure s’inscrit dans un contexte de persécution politique, en raison des dénonciations formulées par Jean-Charles Moïse contre le pouvoir en place, notamment sur certains contrats publics.

L’avocat a par ailleurs nié les menaces proférées par son client, affirmant ne pas avoir entendu les déclarations .

Des propos vivement critiqués

Jean-Charles Moïse a tenu ces déclarations dimanche dernier, lors d’un rassemblement organisé au Cap-Haïtien. À cette occasion, il a annoncé le lancement de mouvements de protestation après la fin de la Coupe du monde 2026 afin d’exiger le départ du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé.

Au cours de son intervention, il a évoqué des incendies et des « dechoukaj », des propos que de nombreux observateurs ont interprétés  comme des menaces et incitation à la violence. Il a également fait référence à la résidence de Me Emmanuel Vertilaire, demandant publiquement à la foule de  communiquer son adresse.

Dans une note de protestation, le parti politique « Les Patriotes»  a dénoncé les menaces d’incendie visant le cabinet d’avocats de son représentant officiel, Me Emmanuel Vertilaire. Le parti a appelé le gouvernement ainsi que les autorités policières à prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer la protection de Me Vertilaire,  sa famille, ses biens,  ses collaborateurs et de toute personne appelée à assurer sa représentation ou sa défense.

Les déclarations de Jean-Charles Moïse ont suscité de nombreuses réactions et ont été condamnées par plusieurs acteurs de la classe politique.


Par: Daniella Saint-Louis

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