PubGazetteHaiti202005

Coopération : le MPCE lance les travaux d’évaluation des projets financés par les partenaires internationaux

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Le gouvernement et ses partenaires techniques et financiers ont lancé, vendredi 18 septembre 2026, la revue du portefeuille des programmes et projets financés sur ressources externes au cours de l’exercice 2025-2026. Organisée par le ministère de la Planification et de la Coopération Externe (MPCE), cette initiative vise à faire le point sur les financements mobilisés, leur utilisation et les résultats obtenus. Elle doit également permettre de renforcer la coordination entre les différents acteurs et de mieux aligner l’aide extérieure sur les priorités de développement du pays.

 

La cérémonie a réuni des représentants du gouvernement, des partenaires techniques et financiers, des unités techniques d’exécution, du secteur privé, de la société civile et de la presse. Le directeur général du MPCE, Guy Roméro Latry, a ouvert les travaux. La remise en ligne du Module de gestion de l’aide externe (MGAE), présentée par Kurt Jean-Charles, président de la firme Solutions S.A., figurait également parmi les principales étapes de la rencontre.

La directrice de la Coopération externe, Yvrose Guerrier, a présenté le déroulement de la revue. Plusieurs responsables et représentants internationaux ont ensuite pris la parole, dont Annalisa Lombardo, présidente du Cadre de Liaison Inter-organisations (CLIO), Luca Trinchieri, représentant des partenaires techniques et financiers et responsable de la coopération avec Haïti au sein de l’Union européenne, ainsi que Nicole Boni Kouassi, coordonnatrice résidente du système des Nations unies en Haïti.

Au nom du ministre de l’Économie et des Finances, Serge Gabriel Collin, Fritz Gerald Louis a insisté sur la nécessité d’améliorer l’exécution et le suivi des programmes structurants. Il a expliqué que les financements doivent contribuer à améliorer l’accès aux services sociaux, à soutenir l’activité économique et à favoriser la création durable de richesses. Dans un pays confronté à l’insécurité, à l’insécurité alimentaire, aux déplacements internes et à plusieurs années de contraction économique, il a également souligné l’importance d’un accompagnement coordonné des partenaires internationaux.

Fritz Gerald Louis a, dans le même temps, appelé à une meilleure articulation entre le ministère de l’Économie et des Finances et le MPCE. Cette coordination doit couvrir la planification, la programmation des investissements publics, la mobilisation des ressources et l’exécution budgétaire. Selon lui, les financements disponibles doivent être orientés vers les priorités nationales, tout en tenant compte des capacités d’exécution des différents secteurs et des contraintes budgétaires de l’État.

De son côté, la ministre de la Planification et de la Coopération Externe, Dre Sandra Paulemon, a présenté cette revue comme un exercice appelé à dépasser le simple cadre administratif. Elle a invité le gouvernement et ses partenaires à examiner les résultats des projets, à identifier les difficultés rencontrées et à corriger les mécanismes qui ne produisent pas les effets attendus. Selon elle, chaque ressource mobilisée doit être associée à des résultats concrets et mesurables pour la population.

La ministre a également défendu le principe d’appropriation nationale. Les financements extérieurs, a-t-elle expliqué, doivent s’inscrire dans les politiques publiques et soutenir les priorités définies par l’État. Elle a notamment cité la sécurité, le redressement économique et social, la justice, l’État de droit et l’organisation des élections parmi les axes retenus dans le Pacte national pour la stabilité et l’organisation des élections.

Au-delà des montants engagés ou décaissés, Sandra Paulemon souhaite que l’évaluation porte sur les effets réels des projets. Le MPCE entend notamment déterminer quelles institutions ont été renforcées, quelles infrastructures ont été construites et mises en service, quels services publics ont été améliorés et dans quelle mesure les conditions de vie des communautés bénéficiaires ont évolué.

La question de la responsabilité mutuelle a également occupé une place importante dans son intervention. Le MPCE reconnaît la nécessité d’améliorer ses mécanismes de coordination, de renforcer les capacités d’exécution, d’accélérer certaines procédures et de consolider les dispositifs de suivi. En retour, le ministère demande aux partenaires de réduire les procédures parallèles, d’améliorer la prévisibilité de l’aide et de mieux harmoniser leurs interventions.

Enfin, la cheffe du MPCE a insisté sur la nécessité d’éviter les chevauchements et les doublons entre les projets ainsi qu’entre les partenaires intervenant dans les mêmes secteurs ou zones géographiques. La remise en ligne du Module de gestion de l’aide externe doit, selon elle, contribuer à une meilleure connaissance du portefeuille national. L’outil doit notamment permettre de suivre les ressources engagées, les décaissements, les résultats obtenus, les projets à risque ainsi que les principales difficultés rencontrées dans leur exécution.

À travers cette revue, le MPCE cherche ainsi à disposer d’une lecture plus précise de l’aide extérieure destinée à Haïti. L’enjeu consiste désormais à mieux rapprocher les financements mobilisés des besoins réels du pays et à faire du suivi des projets un instrument permanent d’aide à la décision, de coordination et d’amélioration de l’efficacité de l’aide.

 

 

 

Par Arnold Junior Pierre

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