Le secrétaire général de l’Organisation des États américains (OEA), Albert R. Ramdin, est attendu en Haïti du 16 au 19 août 2026, dans le cadre d’une mission consacrée notamment à l’évaluation de la situation du pays et aux perspectives de sortie de crise.
L’annonce de cette visite a été faite le 10 août par Catherine Pognat, nouvelle représentante résidente de l’OEA en Haïti, lors de la présentation des copies figurées de ses lettres de créance à la ministre des Affaires étrangères et des Cultes, Raina Forbin.
Cette visite intervient alors que le pays demeure confronté à une crise sécuritaire, institutionnelle et politique persistante.
Elle intervient également à un moment particulièrement sensible du calendrier électoral. Le Conseil électoral provisoire (CEP) a officiellement fixé au 13 décembre 2026 le premier tour de l’élection présidentielle et des législatives, qui doit également être marqué par la ratification populaire des changements proposés à la Constitution.
Le second tour de la présidentielle et des législatives, ainsi que les élections des collectivités territoriales, est prévu le 21 février 2027. Le CEP souligne toutefois que le respect de ces échéances reste tributaire d’un climat sécuritaire acceptable et de la disponibilité des ressources financières nécessaires.
Dans ce contexte, Albert Ramdin devrait multiplier les consultations avec les autorités haïtiennes et différents acteurs impliqués dans la transition. Les préparatifs électoraux, les conditions de sécurité nécessaires à la tenue du scrutin, le renforcement des institutions démocratiques et la coopération entre Haïti et l’OEA devraient figurer parmi les
principaux sujets au menu des discussions.
La venue du secrétaire général de l’OEA ne constitue d’ailleurs pas un geste isolé. Le 22 juin dernier, après un entretien avec la ministre Raina Forbin en marge de l’Assemblée générale de l’OEA au Panama, Ramdin avait réaffirmé la nécessité d’un soutien international « soutenu, coordonné et concret » à Haïti.
Il avait alors insisté sur la nécessité de faire de la transition un pont vers le rétablissement de la sécurité, le renforcement de la confiance dans les institutions, le retour à l’ordre constitutionnel et l’organisation d’élections crédibles, inclusives et pacifiques. Il avait également annoncé son intention de se rendre en Haïti pour poursuivre les consultations.
L’OEA travaille par ailleurs depuis plusieurs mois sur une approche plus structurée de son accompagnement d’Haïti. En mai 2026, Ramdin avait présenté aux États membres les progrès réalisés par l’Organisation en matière de facilitation politique, de préparation électorale, d’appui à la sécurité, de coordination internationale et de renforcement de sa présence institutionnelle dans le pays. L’OEA avait alors appelé à une mise en œuvre plus forte de sa feuille de route pour la stabilité et la paix en Haïti.
La mission d’août prend ainsi une dimension particulière. À quelques mois du premier tour annoncé pour le 13 décembre, l’enjeu ne sera pas seulement de constater l’état de la situation, mais surtout de déterminer dans quelle mesure les conditions politiques, sécuritaires, institutionnelles et logistiques permettront de transformer le calendrier électoral en réalité.
Une visite aux retombées potentiellement décisives
Au-delà des rencontres diplomatiques et politiques, cette visite pourrait servir de test grandeur nature pour la capacité des acteurs haïtiens et de leurs partenaires internationaux à rapprocher leurs positions autour d’un objectif commun : créer les conditions minimales permettant au pays de sortir de la transition par la voie électorale.
Si les échanges débouchent sur des engagements concrets en matière de sécurité, d’accompagnement électoral, de renforcement institutionnel et de coordination internationale, la mission de Ramdin pourrait donner un nouvel élan au processus.
Dans le cas contraire, elle risque de mettre une nouvelle fois en lumière l’écart entre les échéances inscrites sur le calendrier et les réalités du terrain.
En définitive, la visite d’Albert Ramdin pourrait être bien plus qu’une simple mission diplomatique : à quatre mois du scrutin du 13 décembre, elle sera l’un des premiers grands rendez-vous permettant de mesurer si Haïti dispose réellement des moyens de passer du calendrier électoral à l’acte électoral.
Webertson DORVIL
- Log in to post comments


