PubGazetteHaiti202005

Tragédie à Kenscoff : la PNH renforce son dispositif, saisit la justice et installe le DDO-1 au commissariat

.

La Police nationale d’Haïti (PNH) a présenté ses condoléances aux familles des victimes de l’attaque meurtrière perpétrée dans la nuit du 23 au 24 août 2026 à Kenscoff. Lors d’une conférence de presse tenue ce jeudi 27 août, l’institution policière a annoncé l’ouverture de deux enquêtes, confiées respectivement à la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) et à l’Inspection générale de la PNH. Elle a également indiqué que le Directeur départemental de l’Ouest 1 (DDO-1) est désormais installé au commissariat de Kenscoff afin de renforcer le commandement et le suivi des opérations sur le terrain.

La terreur a de nouveau frappé Kenscoff. Dans la nuit du 23 au 24 août, une attaque menée par des groupes armés a fait plusieurs victimes parmi la population civile, plongeant une nouvelle fois cette commune dans le deuil.

Face à ce drame, la PNH affirme partager la douleur des familles endeuillées et de l’ensemble de la communauté. « Nous présentons nos sympathies aux membres de la population qui vivent à Kenscoff, à leurs familles, à leurs enfants et à la société en général », a déclaré l’inspecteur principal Garry Desrosiers, porte-parole de l’institution.

Au lendemain de l’attaque, le 24 août, le commandant en chef de la PNH s’est rendu au commissariat de Kenscoff afin d’évaluer la situation avec les responsables locaux. Sur place, il s’est notamment entretenu avec un juge de paix et le commissaire du gouvernement.

Selon Garry Desrosiers, la présence de ces autorités judiciaires témoigne de la place centrale accordée à la justice dans le traitement du dossier. « Dès que les deux acteurs judiciaires sont sur le terrain, la police, pratiquement, passe au second plan », a expliqué le porte-parole, soulignant ainsi la nécessité de laisser les instances compétentes accomplir les procédures légales requises.

Parallèlement, la PNH a ordonné l’ouverture d’investigations afin de déterminer les circonstances exactes de l’attaque et d’établir les responsabilités. Deux structures sont mobilisées : la Direction centrale de la police judiciaire et l’Inspection générale de la PNH.

La DCPJ est chargée du volet judiciaire de l’enquête, notamment de recueillir les éléments susceptibles de permettre l’identification des auteurs et de leurs éventuels complices. De son côté, l’Inspection générale devra examiner les aspects internes liés au fonctionnement de la chaîne de commandement ainsi qu’à la gestion du dispositif sécuritaire avant, pendant et après les événements.

Cette double démarche devrait permettre d’éclaircir non seulement les circonstances dans lesquelles l’attaque a été perpétrée, mais également les conditions dans lesquelles les forces de l’ordre ont réagi face à l’offensive des groupes armés.

Concernant le nombre de victimes, l’institution policière se montre prudente. Aucun bilan officiel n’a été communiqué lors de la conférence de presse. La PNH affirme vouloir éviter toute spéculation ainsi qu’une éventuelle « guerre des chiffres » autour de cette tragédie.

Le bilan définitif devra donc être établi dans le cadre des procédures judiciaires, notamment sur la base des constats effectués par les autorités compétentes présentes sur les lieux. Cette prudence, selon la police, vise à garantir la fiabilité des informations communiquées au public.

Sur le plan opérationnel, la PNH annonce également un renforcement significatif de son dispositif dans la commune. Le Directeur départemental de l’Ouest 1 (DDO-1) est désormais installé au commissariat de Kenscoff, une mesure destinée à rapprocher le commandement des unités engagées sur le terrain.

Cette présence doit permettre une meilleure coordination des effectifs, un suivi plus direct des opérations et une capacité de réaction accrue face aux menaces qui pèsent sur la population.

Au-delà des enquêtes annoncées, la décision traduit la volonté affichée par le haut commandement de renforcer durablement la présence policière dans cette zone stratégique des hauteurs de Port-au-Prince, durement éprouvée par la violence des groupes armés.

Après le choc et le deuil, l’enjeu est désormais double pour les autorités : faire toute la lumière sur les circonstances de cette tragédie et empêcher que Kenscoff ne soit de nouveau le théâtre d’une attaque d’une telle ampleur.

 

 

 

Par Arnold Junior Pierre

Politique

Culture

Economie

Sport