À la suite du verdict rendu ce vendredi 8 mai par un jury fédéral de Miami dans le dossier de l’assassinat de l’ancien président haïtien Jovenel Moïse, son fils, Joverlein Moïse, a publié un communiqué officiel dans lequel il affirme que cette décision judiciaire représente « un rare moment de reddition de comptes » dans l’histoire de l’impunité liée à la crise haïtienne.
Dans cette déclaration rendue publique après près de deux mois de procès aux États-Unis, Joverlein Moïse rappelle que les quatre accusés avaient eux-mêmes demandé la tenue du procès dans l’objectif d’alléger leur peines initiale. Bien qu’il estime qu’ils aient été « justement condamnés », il affirme qu’aucune sentence ne saurait lui apporter satisfaction après l’assassinat de son père dans la nuit du 6 au 7 juillet 2021.
Le fils de l’ancien chef d’État soutient également que le procès de Miami n’avait pas pour finalité de rendre justice à la famille Moïse, mais plutôt de déterminer le niveau d’implication des acteurs ayant opéré sur le territoire américain. Il affirme que cette réalité lui avait été expliquée par le FBI bien avant l’ouverture des audiences.
Dans son communiqué, Joverlein Moïse évoque surtout « l’opération Bolivie », qu’il présente comme un vaste plan sociopolitique et économique destiné à déstabiliser l’État haïtien. Selon lui, cette opération aurait impliqué plusieurs catégories d’acteurs, « conscients ou inconscients de leurs rôles », notamment des artistes, des médias, des membres de l’opposition politique ainsi que certains secteurs de la société civile, dans le but de dresser la population contre le président Jovenel Moïse.
Il affirme par ailleurs que de nouveaux noms ont été cités au cours du procès et que plusieurs pistes restent encore à explorer. « Ce travail sera mené avec diligence », assure-t-il, tout en dénonçant l’absence de condamnations en Haïti malgré les nombreuses arrestations et inculpations réalisées depuis le crime.
Le communiqué critique également les juridictions internationales, accusées d’être « complètement désintéressées » du dossier, et reproche aux autorités haïtiennes d’avoir annulé certaines ordonnances et permis la libération de prisonniers liés à l’affaire.
Cette réaction intervient quelques heures après qu’un jury fédéral de Miami a reconnu coupables quatre hommes basés dans le sud de la Floride pour leur participation au complot ayant conduit à l’assassinat de Jovenel Moïse. Les accusés — Antonio « Tony » Intriago, Arcángel Pretel Ortiz, James Solages et Walter Veintemilla — ont été reconnus coupables de plusieurs chefs d’accusation liés à une conspiration visant à renverser ou éliminer le président haïtien.
Selon les procureurs américains, le groupe avait recruté d’anciens militaires colombiens dans le cadre d’un projet initialement présenté comme un coup d’État avant de se transformer en plan d’assassinat. Le dossier repose sur des milliers de messages, d’enregistrements et de documents collectés par le FBI, ainsi que sur les témoignages de plusieurs co-conspirateurs ayant plaidé coupable avant le procès.
L’assassinat de Jovenel Moïse avait profondément aggravé la crise politique et sécuritaire en Haïti. Depuis sa mort, le pays fait face à une montée sans précédent de la violence des gangs, à l’effondrement institutionnel et à une crise humanitaire majeure ayant déplacé des centaines de milliers de personnes.
Wideberlin Sénexant
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