La controverse autour du projet FIFA Forward Enterprise prend de l'ampleur et pourrait provoquer une fracture sans précédent au sein du football mondial. Au cœur des tensions figure le président de la FIFA, Gianni Infantino, dont le projet d'ouvrir une partie des activités commerciales de la Coupe du monde à des investisseurs privés suscite une vive opposition, notamment en Europe.
Selon le quotidien britannique The Times, Gianni Infantino a adressé une lettre aux 211 fédérations membres de la FIFA afin de les inciter à soutenir cette réforme. Les associations nationales disposent désormais de 51 jours pour se prononcer. Le projet prévoit une importante augmentation des revenus des fédérations sur trois cycles, de 2027 à 2038.
Dans son courrier, le président de la FIFA affirme que, sur une période de douze ans, chaque association membre pourrait recevoir environ 75,5 millions d'euros de versements.
Toutefois, deux options sont proposées aux fédérations : adhérer au programme et bénéficier d'un financement immédiat de 40 millions de dollars, ou refuser d'y participer et ne percevoir que 10 millions de dollars.
Cette différence de 30 millions de dollars par fédération alimente de nombreuses critiques. Plusieurs observateurs dénoncent une pression financière destinée à orienter le vote des associations en faveur du projet.
Toujours selon The Times, une source proche du dossier est même allée jusqu'à qualifier cette méthode de « pure corruption », estimant que ces incitations financières pourraient influencer le scrutin sur une réforme particulièrement sensible.
Face à cette initiative, l'Europe hausse le ton
Dans un communiqué publié ce jeudi, les 55 fédérations membres de l'UEFA ont annoncé, à l'unanimité, qu'elles boycotteraient toutes les compétitions organisées par la FIFA si le projet de cession d'une partie des droits commerciaux de la Coupe du monde à des investisseurs privés venait à être adopté.
Parallèlement, la contestation s'étend également sur le terrain politique.
D'après Telegraph Sport, plusieurs dirigeants du football européen tentent de convaincre Nasser Al-Khelaïfi, président de Qatar Sports Investments et du Paris Saint-Germain, de se présenter contre Gianni Infantino lors de la prochaine élection à la présidence de la FIFA.
Le dirigeant qatari est considéré par ses soutiens comme le candidat disposant des meilleures chances de mettre fin au règne d'Infantino.
A quelques mois de cette élection, la FIFA traverse l'une des plus graves crises de gouvernance de son histoire récente. Entre accusations de pression financière, menace de boycott de l'UEFA et préparation d'une éventuelle candidature de Nasser Al-Khelaïfi, le rapport de force est désormais engagé. L'avenir du projet FIFA Forward Enterprise pourrait bien redessiner l'équilibre des pouvoirs au sein du football mondial.
Webertson DORVIL
- Log in to post comments


