PubGazetteHaiti202005

Affrontement des gangs à Port-au-Prince: au moins 613 morts, 176 femmes et filles violées, selon le BINUH 

Affrontement des gangs à Port-au-Prince

Au moins 613 personnes ont été tuées et 375 autres blessées entre le 6 mars et le 31 juillet 2026 lors d’affrontements entre des gangs dans la Plaine du Cul-de-Sac et plusieurs quartiers de la commune de Cité Soleil, selon le Bureau Intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH).

La recrudescence des violences armées dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince a fait plus de 600 morts en cinq mois. Parmi les victimes figurent 111 femmes et 77 enfants. Ces derniers , rapporte l’organisme, étaient des personnes non associées aux gangs. Plus de 18 000 personnes ont également été contraintes de fuir leur domicile en raison des affrontements.

Outre les homicides, 176 femmes et filles ont été victimes de viols, dont des viols collectifs, perpétrés par des membres de gangs. Ces violences sexuelles sont souvent utilisées comme forme de « punition » contre des personnes vivant dans des zones sous le contrôle de groupes rivaux.

« Le bilan humain particulièrement lourd des affrontements entre gangs ces derniers mois dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince témoigne de l’urgence d’une protection renforcée des populations, notamment en assurant à la Force de répression des gangs les moyens nécessaires à son déploiement complet et rapide », a déclaré le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies en Haïti et chef du BINUH, Carlos Ruiz Massieu.

Selon les informations recueillies par le Service des Droits de l’Homme (SDH) du BINUH, plusieurs des actes documentés au cours de cette période, notamment les meurtres, les viols collectifs ainsi que la destruction de biens et de bâtiments abritant des services essentiels, pourraient constituer de graves violations du droit international des droits de l’homme.

Le BINUH est également revenu sur l’attaque perpétrée dans la soirée du 13 juin, peu après le match de la Coupe du monde de football opposant Haïti à l’Écosse sur plus de 300 personnes, dont les membres d’un groupe musical traditionnel. Cette attaque a fait plus de 61 morts, parmi lesquels figuraient au moins sept enfants, ainsi que 20 blessés.

L’organisme onusien a également déploré l’absence prolongée d’une présence policière effective dans les zones touchées, une situation qui continue d’aggraver l’insécurité.

Le BINUH appelle au renforcement des capacités opérationnelles des forces de sécurité haïtiennes afin d’assurer une protection effective des populations et de lutter contre l’impunité des auteurs de violations des droits humains.

L’organisation souligne également l’importance d’accélérer le déploiement complet de la Force de Répression des Gangs (FRG), conformément à son mandat, en lui fournissant les effectifs, les équipements, les capacités spécialisées et les ressources financières nécessaires.

Selon le BINUH, cette présence est indispensable pour reprendre le contrôle des territoires occupés par les gangs, protéger les populations civiles et créer les conditions nécessaires au rétablissement de l’autorité de l’État dans les zones les plus affectées par la violence.

Il convient de rappeler qu’au moins 1 642 personnes ont été tuées et 745 autres blessées au cours du premier trimestre de l’année 2026, d’après le BINUH.

Par: Daniella Saint-Louis

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