Dans un communiqué publié le lundi 31 août 2026, le parti politique Les Engagés pour le Développement (EDE) a annoncé avoir complété l’inscription de ses 30 000 membres, exigée du Conseil Électoral Provisoire (CEP) dans le cadre du processus électoral. Toutefois, la formation politique considère comme « irréaliste » la tenue des élections le 13 décembre prochain.
Après plusieurs dénonciations concernant les difficultés rencontrées dans le processus d’enregistrement des membres des partis politiques, EDE affirme avoir finalement satisfait à cette exigence. À travers cette nouvelle étape, le parti réaffirme son engagement à respecter les obligations fixées dans le cadre du processus électoral. Il maintient cependant ses réserves quant à la faisabilité du scrutin prévu le 13 décembre 2026.
« Cette démarche ne signifie toutefois nullement que le Parti EDE considère comme réaliste la tenue des élections à la date du 13 décembre 2026, telle qu’annoncée dans le calendrier électoral », a précisé le parti.
EDE alerte également sur les difficultés observées dans la mise en œuvre de l’étape relative à l’inscription en ligne des membres des organisations politiques. Selon le parti, ces difficultés renforcent les préoccupations déjà exprimées quant à la maîtrise opérationnelle du processus par le CEP et à la faisabilité du calendrier électoral qu’il a lui-même établi.
Le parti déplore notamment « la persistance du Conseil électoral provisoire à défendre un calendrier dont les conditions politiques, sécuritaires, techniques et opérationnelles de mise en œuvre demeurent profondément incertaines ».
Pour EDE, participer de manière responsable au processus électoral ne signifie pas accepter silencieusement ses insuffisances. Un parti démocratique, estime-t-il, doit à la fois se préparer aux élections, respecter les exigences légales du processus et exercer son devoir de vigilance lorsque la crédibilité de celui-ci est en jeu.
Dans cette perspective, EDE appelle une nouvelle fois le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé à réunir, dans les meilleurs délais, les principales parties prenantes au processus électoral, notamment le CEP, les partis, groupements et regroupements politiques. L’objectif serait d’engager un dialogue politique responsable afin de convenir d’un calendrier électoral réaliste, crédible et applicable.
Le parti souligne l’importance d’une telle rencontre pour restaurer la confiance de la population et des acteurs politiques dans le processus électoral et créer les conditions nécessaires à un retour durable à l’ordre démocratique et constitutionnel.
Des difficultés persistent au sein d’autres partis.
Alors qu’EDE affirme avoir finalement inscrit l’ensemble de ses membres, d’autres formations politiques continuent de faire face à des difficultés, notamment l’Union Nationale pour l’Intégrité et la Réconciliation (UNIR).
Lors de son intervention, jeudi 27 août 2026, à l'émission « Le Rendez-Vous », présentée par Volcy Assad, le leader de l’UNIR, Clarens Renois, a dénoncé les difficultés techniques rencontrées lors de l’enregistrement des membres de son parti sur la plateforme du CEP.
Selon Clarens Renois, certains membres de l’UNIR apparaissent également comme membres d’autres formations politiques lors de leur inscription, parmi lesquels figure l’un des membres fondateurs du parti. Il a affirmé que les personnes concernées soutiennent n’avoir jamais partagé leurs documents avec ces organisations et demeurent des membres actifs de l’UNIR.
Le leader de l’UNIR s’est également interrogé sur la capacité des autorités à organiser les élections à la date prévue. Selon lui, plusieurs signes font planer des doutes sur la tenue effective du scrutin dans les conditions actuelles.
D’autres groupements politiques estiment eux aussi que les conditions actuelles ne permettent pas d’organiser les élections à la date prévue et ont appelé le CEP à réaménager le calendrier électoral.
Des doutes exprimés également au conseil de sécurité de l’ONU
Lors d’une réunion du Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations (ONU), tenue vendredi dernier, le représentant permanent du Panama auprès des Nations unies, Eloy Alfaro de Alba, a lui aussi exprimé de sérieux doutes quant à la possibilité d’organiser des élections en Haïti au cours du premier semestre 2027.
« Malheureusement, la perspective de tenir des élections au premier semestre 2027 ne semble pas réaliste, compte tenu de la situation actuelle sur le terrain », a-t-il déclaré.
Par: Daniella Saint-Louis
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